jeudi 8 juin 2017

de NATURE en SCULPTURE


La Fondation Villa DATRIS à L'Isle-sur-la-Sorgue nous offre ( littéralement  puisque l'entrée est gratuite!)   grand plaisir en présentant les œuvres de plus d'une soixantaine d'artistes toutes générations (et notoriété) confondue qui utilisent ou reproduisent les éléments naturels dans leur travaux.
Michel Blazy:  Imprimante 2016( J'ajoute:comment recycler une imprimante!)
Le flyers qui accompagne la visite nous dit : A travers leurs regards se cristallisent les  multiples facettes de cette "nature", à la fois tumultueuse, merveilleuse et inquiétante" 
L'exposition joue tour à tour sur le respect, la vulnérabilité, la force et l'effroi que la Nature suscite en nous aujourd'hui. En filigrane transparait la longue évolution du regard occidental posé sur son environnement.
Du Jardin d’Éden aux catastrophes écologiques, de la nature nourricière à celle du sublime, notre vision de la nature n'a cessé de se transformer .
Fabrice Hyber L'Homme de Bessines2014

Que les œuvres soient en  intérieur ou en extérieur(quel régal de voir les travaux accompagné  par le clapotis de la rivière ou les lumières filtrant à travers les arbres du parc!), toutes nous apportent l'idée d'un "réenchantement possible" du monde même si pour certains le constat d'une certaine dégradation est évident.
Avec humour ou dérision parfois , cette exposition nous amène à réfléchir sur les dérives à éviter et les directions à prendre. Les accords de Paris en images!
Eva Jospin Forêt 2016

Gilles Barbier sans titre (grande cabane) 2009
 Exposition jusqu'au 1er novembre .A ne pas manquer.

 

jeudi 27 avril 2017

Jean-Baptiste AUDAT à Silvacane

Cette exposition vaut elle aussi le détour (voir article suivant): L’abbaye de Silvacane est un lieu magique qui se prête bien aux expositions d’œuvres contemporaines comme le rappelait M. Le Maire dans son discours.
Encore faut-il  que l'artiste et son travail soit "à la hauteur" et magnifie le lieu, sans la brutalité que dégagent parfois certaines œuvres par rapport au lieu où elles sont montrées (sauf volonté délibérée de l'artiste).
Jean-Baptiste AUDAT expose des œuvres de papiers (Dessins aperçus dans paper art project en 2013 chez Vincent Bercker)) mais aussi deux installations qui témoignent de son rapport au Monde (le journal et le monde en tant que tel).





Audat reconnait que l'opportunité qui lui a été donnée par l'Association Patrimoine, Art et Culture de la Roque d'Anthéron lui permet de voir hors de son atelier- pourtant grand- ses œuvres "respirer" différemment et pouvoir être perçues dans toute leurs dimensions à la fois physiques et spirituelles ( à l'abbaye Il ne pouvait mieux faire !).

A voir jusqu'au 28 mai à Silvacane. Une exposition (que je n'ai pas vue à ce jour) Billes en tête
a lieu jusqu'au 6 mai à la Galerie Bartoli à Marseille.

Paul COUPILLE Toiles en série

Étonnant vernissage  ce samedi dernier au 200 RD10 chez Raymond Galle qui a ouvert généreusement -une fois encore et fort heureusement- son espace a Paul Coupille, jeune peintre né en 1928!
En effet , la plupart des présents semblaient "découvrir" ce peintre alors qu'il a déjà réalisé une quantité impressionnante d’œuvres  d'une grande beauté sur des thèmes variés : Erreurs et tâches, Les Fantoches,La maitrise et le cheval fou,les témoins du monde, la Provence tragique, et dans une belle continuité de forme et de couleur.

Mais il est vrai qu'il est plutôt "discret" . 







La présentation remarquable sur les cimaises de la galerie et cela sur trois niveaux, atteste de sa présence au monde (dont il parle sur son site), aux êtres qui le peuple, des signes, des paysages. Son style et sa discrétion, son effacement presque, le rangerait parmi "les artistes singuliers" qu'on aimerait voir entrer au musée (C'est fait sans doute?), ou voir plus fréquemment que d'autres (dont on finit par se lasser) sur les grandes cimaises d'ici et d'ailleurs.
 Sur la dernière photographie des assiettes mais aussi des sculptures réalisées dans l'(atelier aixois deMonique et Vincent  Buffile) et un très intéressant catalogue.

Une exposition à voir jusqu'au 1er Mai de 15 h à 19h 200RD10 Les Lamberts  VAUVENARGUES (04 42 24 56 63)

vendredi 7 avril 2017

Alighiero Boetti

Un artiste majeur, trop tôt disparu en 1994, et pour lequel la Galerie parisienne Tornabuoni Art m'a permis de revoir des pièces majeures de son œuvre, aperçue une première fois au Musée d'art moderne de Villeneuve d'Ascq fin 1996.
 Un extrait du dossier de presse:
La rétrospective de Boetti montre des œuvres de ses premiers dessins à l’encre de Chine, aux œuvres associées à l’Arte Povera, les Bollini (autocollants), Lavori Postali (œuvres postales), Aerei (avions) et Biro (stylo-bille), d’importantes œuvres sur papier et les célèbres broderies de l’artiste. L’aspect révolutionnaire de l’œuvre de Boetti est d’avoir remis en question le rôle de l’artiste et l’impact du hasard, les séquences, le langage, la répétition ainsi que la notion d’auteur lors de la création d‘une œuvre d’art. Retraçant toute sa carrière, l’exposition illustre l’ampleur de l’influence de Boetti et l’importance de son œuvre au sein du panorama artistique contemporain.
J'engage donc mes lecteurs à poursuivre la connaissance de cet artiste, de son travail  qui effectivement revêt  (ou devrait revêtir) une importance considérable au sein du panorama contemporain.
Une galerie spacieuse , aux dimensions muséales où il était possible de "voir les œuvres" en toutes quiétude, (gratuitement ce qui n'est pas négligeable), la plupart des "aficionados" étant au Louvre ("Voir Vermeer et... en parler dans les chaumières!"). Je sais, je fais des rapprochements qui me seront reprochés et il en faut bien pour tous les gouts.
Quelques images:

Tutto 1992/1994 Broderies sur tissus 254x588 cm

Mappa 1989/1994 Broderies sur tissus 254x588 cm
 D'autres images sont à voir sur le site de la galerie (remarquable)
A voir jusqu'au 8 avril 2017. A suivre l'actualité de cette galerie qui nous proposera  une série d'expositions sur l'art italien du XX ème siècle. (Elle avait été partenaire de l'exposition Lucio Fontana au Musée d'art Moderne l'an dernier).


lundi 5 décembre 2016

Revoir (CUECO) Cézanne

J'ai recomposé à ma façon le titre de cette exposition au Musée Granet à Aix en Provence. Car si revoir Cézanne CUECO en est bien le titre, je dirais aussi que (re)voir le travail de Cueco est pour moi un grand plaisir et une source d'enrichissement pour le plasticien que je suis.

L'exposition est ainsi (si bien) faite que les cartels renvoient non seulement au titre des tableaux de Cézanne mais aussi à une reproduction, certes de petit format,  guidant  le visiteur des œuvres de Cueco  vers celles de Cézanne ou/et vice versa. 
Ce ne sont donc pas des copies serviles qui ne présenteraient aucun intérêt, Cueco étant à l'opposé d'un "copiste" . Tout au contraire, ce sont des travaux extraits de trois carnets de croquis et de notes qui sont présentés - et seront acquis par le musée -, dans lesquels Cueco opère une analyse en profondeur des paysages, une lecture sensible et fine des couleurs et des lignes de forces qui structurent le tableau ou encore l'attitude du corps du baigneur
On peut imaginer que le (très beau) catalogue en vente au Musée Granet  retrace la venue de Cueco à Aix en Provence , (comme d'autres artistes  font "une résidence " sur le lieu même de leurs recherches en vue d'une exposition thématique), et qu'il aura refait mainte fois la route du Tholonet via la Sainte-Victoire ou se sera glissé dans les anfractuosité des carrières de Bibemus. 

 De plus Cueco est un écrivain (je ne saurai trop vous recommandé la lecture de son ouvrage : le collectionneur de collections, Ed le Points). Quelques dessins sont agrémentés de "notes en bas de pages" qui viennent  accompagné notre propre réflexion. Un régal.
Par exemple:
Cézanne peint la Sainte-Victoire comme un corps dénudé. Les formes sont allusivement celles d'un corps. Elles fascinent, il y revient comme à un rendez-vous. Il n'y arrive pas.
Et justement parce qu'il n'y arrive pas, il revient... Il revient parce qu'il n'y arrive pas.

Ou encore :
La montagne Sainte-Victoire vue de Bibemus. L’œuvre est coupée en deux.En bas les rochers(tuf peut-être) et les arbres. Toujours le rose et le vert. Le rose est celui de la chair. En haut la Sainte-Victoire violette et rose, ciel bleu sombre, les rochers roses de Bibemus permettent des constructions, des assemblages qu'on retrouvera plus tard chez les cubistes avec ce principes de zones d'ombres qui partent des lignes droites, coupées, des roches friables de Bibemus
 

 

Une exposition à ne pas manquer jusqu'au 19 février 2017


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A noter qu'en ce premier dimanche du mois, l'entrée du Musée était gratuite . Il me semble que cela a attiré un public plus nombreux qu'à l'ordinaire. J'ai aussi redécouvert (revu!) les salles consacrées à la donation Philippe Meyer allant des peintures de Pierre Tal-Coat aux sculptures et dessins de Giacometti .

 

samedi 19 novembre 2016

THIBAULT FRANC(hement) sympathique

C'est à l'occasion d'une exposition à Tarascon que j'ai découvert Thibault FRANC (c'est son nom et il voudra bien excuser la pirouette sémantique du titre)  après avoir manqué son exposition à la ferme du Défend à Rousset dans le cadre d'une résidence organisée par  l'Association Voyons Voir et l'exposition de ses travaux entre septembre et octobre 2016.

Avec le collectif e3 ,Thibault est à l'origine d'une galerie/atelier qui a  "pignon sur rue" au 3 rue des Pénitents à Arles : une agence de veille artistique comme il est dit sur le site ci devant.
Le jour où nous l'avons vu avec la galeriste Corinne Theret, il s'agissait plus d'une caverne d'Ali Baba avec tous les trésors échafaudés pendant la résidence de Rousset que d'une galerie telle qu'elle apparait sur les photos du site. Ce qui n'était pas pour me déplaire, l'atelier du peintre sculpteur glaneur débordant quelque peu sur l'espace d'exposition.
Mais l’intérêt pour ce jeune artiste né en 1976 est que malgré une notoriété qui va grandissante, il n'en reste pas moins sympathique (définition du Petit Robert : qui est en relation, en affinité avec.).
Il est volontiers volubile, au bon sens du terme, parlant dans le détail de ses  résidences (jusqu'au Bénin! d'où il rapportera un gout certain pour l'esprit vaudou)) ou pour son travail sur la Tarasque, des recherches historiques sur cette coutume qui perdurent encore aujourd'hui.

La Tarasque (modèle ancien en bois et plâtre peint) pour les fêtes
La Tarasque.... selon Thibault Franc

C'est l’intérêt de cette exposition (qu'on aimerait voir se prolonger au delà du 4 décembre), que de rapprocher une Tarasque ancienne (dommage que la date de sa fabrication et de son utilisation ne soit pas indiquée sur le cartel), des journaux, affiches, photos anciennes,  des objets (sculptures d'assemblages de jouets en plastique, mais pas que...) des peintures et des affiches "repensées" par Thibault. Il n'est plus étrange connaissant l'artiste et son humour constamment décalé, de voir l'annonce d'une novillada où le toréro (l'artiste) esquisse une figure avec sa cape rouge devant la Tarasque.



Il ne faut pas manquer aussi les personnages, religieux (Sainte Marthe)
Le reliquaire de Sainte Marthe

 ou  mythologique tel Tartarin, chasseur de lions, 

Détail de la Tête de Tartarin (Photo Corinne Theret)


que Thibault se plait à transcrire dans son propre vocabulaire d'objets amalgamés.
A propos du reliquaire de Sainte Marthe , Franck Tabard écrit dans un excellent flyers mis à disposition du public : Les objets y acquièrent le même statut que ceux des autels vaudous : en transe l'artiste agglomère les formes, les couleurs, les signes propres à révéler telle ou telle force, et chaque fragment y semble aspiré, comme répondant à un appel, aimanté vers un centre de force, ici la femme orientale initiée au mystère des guides de chasseurs de dragon, prêtresse guerrière armée, couronnée, dorée, festonnée, aux multiples tiroirs destinés à recueillir les reliques ou les sens cachés.
 
 Pour conclure, ci après deux œuvres réalisées avec le concours des élèves d'une classe de Tarascon apportant la preuve que les arts plastiques, plus largement la culture, sont le support indispensable au développement personnel et intellectuels des individus jeunes ou moins jeunes.   
Œuvre réalisée par les éléves de... avec l'aide et le matériau de Thibault Franc
Œuvre réalisée par les élèves de....(en autonomie totale sans l'artiste)




Superbe Non!
Cette exposition a lieu jusqu'au 4 décembre 2016 au Musée d'art et d'histoire de Tarascon.
Il est encore temps!
 

dimanche 23 octobre 2016

Fais moi (un) signe

L'affiche de l'exposition : maitre d’œuvre Gérard Rocherieux

Sur le chemin vers l'exposition : maitre d’œuvre la Mairie de Peyrolles
L'association "Perspectives"  et ses quelques trente artistes ont "planché" sur la thématique "fais moi un signe".
C'est moi qui, dans le titre de cet article,  ait ajouté la parenthèse sur l'article indéfini, par esprit critique voire "taquin", car toute œuvre plastique fait nécessairement "signe" . Mais l'article indéfini : un , paradoxalement précise les choses... 
 Il était dit aussi sur le carton d'invitation que : 

Ce thème vise à interroger et à développer un  aspect de l’art où le message s’adresse directement au public, en faisant écho à ses propres attentes, réactions, désirs  et interrogations concernant les évènements qui secouent le monde actuel.
A vous donc de venir voir... en suivant les flêches  ce qu'il en est d'ici au 25 novembre à la Mairie de Peyrolles , avant de nous retrouver du 31/01 au 31/03/2017 pour un accrochage prestigieux dans les salles vouées du Palais de l'Archevéché à Aix en Provence.
Je renvois les lecteurs qui n'auraient pas le temps de venir jusqu'à Peyrolles,vers le lien imagesentete.blogspot.fr
Dans ce blog,outre les nombreuses photos de l’œuvre de Florence Laude , vous trouverez 
un excellent reportage sur chacun de nous.

 Pierre Vallauri La bonne direction... si possible
Ceci est mon signe. c'est MA flèche, avec une action interactive possible, si le spectateur le souhaite, en appuyant sur un bouton qui éclaire une série de leds. Ludique , non?